Directeur sportif
Trois ans après son dernier Tour, Thévenet passe dans la voiture. En 1984, il dirige l’équipe La Redoute, emmenée par l’Irlandais Stephen Roche. La Redoute quitte le cyclisme en juillet 1985 ; Marc Braillon crée alors l’équipe RMO, dont Thévenet est le directeur sportif en 1986 et en 1987. Au Critérium du Dauphiné libéré 1986, il y dirige Thierry Claveyrolat, que la course révèle comme grimpeur.
À la fin d’août 1988, il change de métier : il devient représentant, en Savoie, d’une entreprise de maintenance industrielle, un emploi trouvé par l’intermédiaire de l’ancien boxeur Roger Menetrey. Il reste près du vélo : il travaille pour Coca-Cola pendant le Tour 1988 et tient une chronique régulière dans le quotidien marseillais Le Provençal. À l’automne 1988, il suit, avec d’autres anciens coureurs et directeurs sportifs, les cours du brevet d’État d’éducateur sportif. Des années plus tard, il résume son passage dans la voiture de directeur sportif : « Je crois que ce n’est pas quelque chose que j’ai particulièrement aimé » (propos traduits de l’anglais, 2006). Il précise en 2025 : « Être manager d’une équipe, c’est très différent d’en être le leader. »
Sélectionneur de l’équipe de France
Il succède à Bernard Hinault comme sélectionneur de l’équipe de France sur route et le reste pour les saisons 1994 à 1996. En 1994, aux championnats du monde disputés en Sicile, Luc Leblanc devient champion du monde sous sa direction. Il résume son rôle en 1996 : « Mon job ? Faire que les Français roulent les uns pour les autres. » En février 1997, il renonce à ses fonctions de directeur des équipes de France.
La voix du Tour
Il commence à commenter le cyclisme vers 1990, sur France Inter et France 3. Pendant le Tour 1992, il tient aussi une chronique dans L’Humanité. En 1995, après le retrait de Robert Chapatte, il devient la voix du vélo du service public. La même année, il est à l’antenne quand survient la mort de l’Italien Fabio Casartelli : « Je ne pouvais presque pas parler, pourtant l’antenne est vorace et ne peut se satisfaire de blancs. » Il commente le Tour de France jusqu’en 2004, aux côtés de Patrick Chêne puis de Christian Prudhomme, et reste ensuite consultant de France Télévisions pour les classiques. En 1998, les directs du Tour qu’il commente avec Patrick Chêne reçoivent le 7 d’or du meilleur programme sportif. En 2006, il travaille aux relations publiques d’Amaury Sport Organisation (ASO), l’organisateur du Tour, et officie comme chef de piste aux Six Jours de Grenoble.
Aux commandes du Dauphiné
Chef de piste des Six Jours de Grenoble, qu’il avait gagnés deux fois comme coureur, il prend en 2010 la direction du Critérium du Dauphiné, lorsque Amaury Sport Organisation, l’organisateur du Tour de France, reprend l’organisation de la course. Il avait gagné l’épreuve en 1975 et 1976. Il décrit son rôle en 2024 : « Je suis le directeur de la course mais c’est bien ASO qui organise l’événement. […] Mon rôle consiste surtout à trouver les villes étapes. » En juin 2023, il annonce le retour sur la piste de Grenoble des Trois Jours de Grenoble, neuf ans après la dernière édition.
La course change de nom à partir de 2026 et devient le Tour Auvergne-Rhône-Alpes. Lors de l’annonce, en juin 2025, Thévenet est présenté comme son directeur.
Ce qu’il reste de 1975
Il a aussi créé une marque de vêtements de cyclisme à son nom. En 2019, pour le centenaire du maillot jaune, il revient au micro d’Europe 1 sur Pra-Loup :
« Tout s’est passé en un quart d’heure. […] Je reste celui qui a battu le plus grand de tous les temps. »
Il publie Carnets de route avec Pascal Sergent en 2017, puis Thévenet, le mythe illustré en 2022. France 3 lui consacre un documentaire de Laurent Cadoux, Bernard Thévenet, le tombeur du Cannibale.
Hommages
- Chevalier de la Légion d’honneur par décret du 13 juillet 2001.
- Gloire du sport en 2009.
- Citoyen d’honneur de Soultzmatt (Haut-Rhin) en 2010.
- En août 2025, la vallée de l’Ubaye fête à Pra-Loup les cinquante ans de sa victoire. Le même mois, il devient membre d’honneur du comité des Alpes-de-Haute-Provence de la Fédération française de cyclisme.
- Dans son village natal de Saint-Julien-de-Civry, une place porte son nom. Le Tour de France y est repassé en 2003, l’année de son centenaire.
- Une cyclosportive porte son nom : La Bernard Thévenet, organisée chaque année à la fin du mois de mai à Vitry-en-Charollais, en Saône-et-Loire. Le grand parcours de l’édition 2025 comptait 137 kilomètres et 2 000 mètres de dénivelé.