Un favori revenu de loin
Après une saison 1976 gâchée par la maladie, Thévenet aborde le Tour 1977 en favori. Le parcours ne le rassure pas : « Ce Tour 1977 me convient moins bien que celui de 1975. Il y a moins d’arrivées au sommet », dit-il en mars. En juillet, il présente le contre-la-montre de 50 kilomètres autour de Dijon comme « l’étape sur laquelle je fonde mes plus gros espoirs ». Son printemps a été solide : deuxième du Critérium du Dauphiné derrière Bernard Hinault, deuxième du Grand Prix du Midi libre.
Le Tour part de Fleurance, dans le Gers, le 30 juin. Le jeune Allemand Dietrich Thurau, 22 ans, gagne le prologue et garde le maillot jaune jusqu’aux Alpes, à travers les Pyrénées, l’ouest et le nord de la France, puis l’Alsace et la Forêt-Noire.
17 juillet : Avoriaz
La 15e étape est coupée en deux. La seconde partie est un contre-la-montre de 14 kilomètres qui monte de Morzine à Avoriaz. Au départ, Thévenet est troisième du général, à 1 minute 22 secondes de Thurau. Troisième de l’étape, il reprend plus d’une minute à l’Allemand et s’empare du maillot jaune, avec 11 secondes d’avance. Joop Zoetemelk, premier sur la ligne, est ensuite déclassé à la suite d’un contrôle positif ; la victoire d’étape revient à Lucien Van Impe.
19 juillet : l’Alpe d’Huez
Deux jours plus tard, l’étape Chamonix - L’Alpe d’Huez décide du Tour. Lucien Van Impe attaque de loin. Thévenet doit mener la poursuite presque seul, avec dans sa roue le Néerlandais Hennie Kuiper, l’Espagnol Francisco Galdós et Zoetemelk, qui refusent de prendre des relais.
Dans la montée finale, Van Impe est heurté par une voiture et son vélo est endommagé. Kuiper attaque, lâche ses compagnons et part vers la victoire. Thévenet s’arrache pour limiter l’écart. Il franchit la ligne deuxième, à 41 secondes. Au classement général, il garde le maillot jaune pour 8 secondes. Ce jour-là, trente coureurs arrivent hors des délais et sont éliminés. « Ce que j’ai fait ce jour-là, je ne voudrais pas avoir à le recommencer souvent. J’ai tout donné », dira-t-il en août. Il raconte encore l’étape près de cinquante ans plus tard : « Ce jour-là, Van Impe, Zoetemelk, Kuiper s’étaient ligués contre moi. Je me suis battu tout seul contre les trois. C’était vraiment très dur. »
22 juillet : Dijon
Avant le contre-la-montre de Dijon, 50 kilomètres, Kuiper est à 8 secondes et Van Impe à près de deux minutes. Thévenet le gagne. Thurau finit à 23 secondes, Kuiper à 28. L’avance du maillot jaune passe à 36 secondes.
24 juillet : Paris
Le dernier jour, un court contre-la-montre de 6 kilomètres sur les Champs-Élysées lui permet de gagner encore 12 secondes. Thévenet remporte son deuxième Tour de France avec 48 secondes d’avance sur Kuiper, le plus faible écart depuis 1968. Van Impe, troisième à 3 minutes 32, gagne le classement de la montagne. Eddy Merckx, malade, termine sixième de son dernier Tour.
Contrôles et déclassements
Plusieurs coureurs sont contrôlés positifs pendant ce Tour. Zoetemelk est pénalisé de dix minutes. La 18e étape, entre Voiron et Saint-Étienne, reste sans vainqueur : Joaquim Agostinho et Antonio Menéndez, premiers sur la ligne, sont contrôlés positifs, et Merckx, troisième, n’a pas été contrôlé. En novembre 1978, Thévenet déclarera que le médecin de son équipe lui prescrivait de la cortisone depuis trois ans, un produit qui ne figurait pas alors sur la liste des produits interdits (voir le chapitre La cortisone et la fin de carrière).